Nos travaux

Ces dernières années, l'équipe du Dr David Blum du centre de recherche LilNCog (UMS-S 1172) s'est particulièrement illustrée par ses travaux sur la caféine et ses dérivés dans les maladies neurodégénératives

Caféine et lésions de la maladie d'Alzheimer

Nous nous intéressons depuis les années 2010 aux effets de la caféine sur les lésions cérébrales caractéristiques de la maladie d'Alzheimer.

La maladie d'Alzheimer se distingue des autres maladies neurodégénératives car les lésions microscopiques qui la caractérisent sont de deux types différents:

  • Les plaques séniles, d'abord, désignent l'accumulation d'un peptide appelé bêta-amyloïde dans le tissu cérébral, à l'extérieur des neurones et des cellules gliales 
  • Les dégénérescences neurofibrillaires désignent l'accumulation cette fois à l'intérieur des neurones d'une protéine appelée Tau.
DNF et plaque
Plaque sénile (à gauche) révélée par un immunomarquage dirigé contre le peptide bêta-amyloïde. Dégénérescence neurofibrillaire (à droite) révélée par une coloration de Bodian.

Ces deux lésions provoquent de l'inflammation du tissu cérébral et sont responsable du dysfonctionnement des neurones et à leur disparition, engendrant les troubles de la mémoire. Cliquez ici pour en savoir plus en bande dessinée.

Nos travaux se sont particulièrement intéressés aux effets de la caféine ou de certains de ses dérivés chimiques dans des modèles de souris reproduisant les plaques séniles ou les dégénérescences neurofibrillaires, l'inflammation et les troubles de la mémoire associés. Nous avons publié trois études en 2014, en 2016 et en 2018 qui montrent que chez la souris, ces molécules freinent le développement des lésions, agissent sur l'inflammation... et améliorent la mémoire.

 

Comment ça marche?

Nos travaux récents s'intéressent précisément aux mécanismes par lesquels la caféine exerce ses effets bénéfiques en focalisant sur l'une de ces cibles préférées, le récepteur à l'adénosine A2A. La caféine bloque ce récepteur cérébral. En collaboration avec des collègues européens, nous avons démontré que ce récepteur fonctionnait anormalement dans le cerveau de patients atteints de maladie d'Alzheimer (voir ici) ou d'une maladie apparentée (voir ici), engendrant des effets néfastes sur les synapses et la mémoire.

Ces travaux suggèrent que la caféine, en rectifiant le fonctionnement ces récepteurs A2A, permet aux neurones de récupérer une fonction normale.

Pour résumer, les travaux de notre laboratoire convergent vers l'idée que la caféine corrige la dysfonction cérébrale qui concourt au développement des lésions de la maladie d'Alzheimer.

Toutes ces recherches expérimentales n'auraient pas été possibles sans le soutien de France Alzheimer, Vaincre Alzheimer, la Fondation Alzheimer, la région Hauts-de-France, l'ANR et le LabEx DISTALZ.

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